Vers une interdiction des produits de synthèse dans la viticulture Suisse

Vers une interdiction des produits de synthèse dans la viticulture Suisse
Viticulture sans produits de synthèse en Suisse

Les citoyens suisses lancent en 2018 une initiative populaire (en France nous dirions "référendum d'initiative populaire") intitulée "Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse...". Radicale, cette initiative propose nottamment d'introduire dans le constitution suisse l'article suivant :

L’utilisation de tout pesticide de synthèse dans la production agricole, la transformation des produits agricoles et l’entretien du territoire est interdite. L’importation a? des fins commerciales de denre?es alimentaires contenant des pesticides de synthèse ou pour la production desquelles des pesticides de synthèse ont e?te? utilise?s est interdite.

Certains viticulteurs sont bien évidemment à la pointe de ce combat. Marie-Thérèse Chappaz, célèbre viticultrice helvétique primée par Robert Parker (2 vins avec une note de 99/100 ...) soutient fermement cette initiative.

 

Marie Thérèse Chappaz

 

Il s'agit selon elle d'une initiative nécessaire. Il en va selon elle de la qualité des sols, de l'eau et de l'avenir de la planete (Le Temps). Est-ce que ça ne risque pas de rendre l'alimentation plus chère ? Non, s’il y a une volonté politique d’avoir une agriculture biologique et de la protéger par des taxes douanières, ça ne sera pas forcément plus cher. Et elle pointe les initiatives comme celle de la coopérative La Louve à Paris qui réussit à vendre le bio moins cher que le non bio dans les supermarchés. Ne risque-t-on pas une perte de rendements ? Oui bien sûr reconnait Marie-Thérèse Chappaz. Au début, il y a une baisse des rendements. La plante doit s’adapter: tu la stresses, tu lui enlèves ses béquilles. Mais ensuite, la production remonte. Le sol redevient vivant, fertile. C’est un processus qui prend du temps

Réaliste, la grande viticultrice suisse reconnait que si l’initiative ne passe pas cette fois, une autre passera dans quinze ans. Et si elle admet qu'elle a elle-même utilisé des désherbants pendant 10 ans dans ses vignes, elle pointe l'existence aujourd'hui d'alternatives qui rendent ces produits superflus. Pendant dix ans, j’ai utilisé du désherbant. Mes vignes ressemblaient à un désert lunaire. Vous ne pouvez pas imaginer ce que j’étais soulagé de pouvoir faire sans.

C'est ce que nous disent la plupart des viticulteurs avec lesquels nous travaillons.

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Article publié le 31/03/2018

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